Deux pages. C’est sur deux pages que l’histoire commença, d’après les recherches menées dans les archives et sur les sites historiques pour essayer de comprendre les événements qui ont donnés naissance à notre monde. L’une écrite dans le cahier de notes d’un astronome de la planète Terre, Luigi del Angelo, en leur année 1807 ap. J.-C. ; l’autre dans une lettre, par un chronomancien de la planète Messalia, Sénéglior Cal’Chejh, en leur année 4156-IKR. Leur contenu est encore aujourd’hui un mystère incompris, une énigme dont la solution a disparue depuis la nuit des temps, et pour les jeunes générations, une légende.
“ [...] bien que le phénomène soit cyclique, avec une période de 42 jours et une réapparition prévue le 21 février prochain. Cette dissemblance avec l’ensemble des autres astres tendrait à justifier la nature de ce corps céleste comme une comète. Toutefois, l’absence de données directement mesurables […] première dans l’histoire de l’observation des astres. La position d’apparition est géostatique, donnant bien évidemment une trajectoire de rayon de courbure nul, avec pour direction un axe passant par la Terre et un autre point “P” de l’espace dont la position [...] sens de progression changeant à chaque apparition de l’astre […] la comète va et vient entre notre planète et le point “P” […] aucune possibilité de collision ni avec la Terre, ni avec le point opposé “P” […] calculs suivant la méthode d’Olbers montrent une distance Terre-P équivalente à 79 427 unités astronomiques. […] unique hypothèse possible restante est de considérer que ce point “P” est une planète, à 79 427 u.a. de la Terre, formant avec celle-ci une étoile binaire selon Herschel, avec en son centre, la comète.
Luigi Del Angelo. “
“ […] observation d’un astre rouge toutes les 42 nuits, à la même position dans le ciel. La nature inconnue […] chaque séance de méditation confirme que l’astre contient une puissance magique colossale […] de plus en plus perceptible à chaque apparition. […] pourrait approcher de notre planète! Les conséquences seraient telles que le pire devrait être envisagé. […] Haut Conseil des Sages donnera son accord, et la Guilde des Mages a été réunie. […] rituel réunissant les maîtres et les sages au sommet du Mont Palygorn aura lieu le 20e jour du 7e solstice 4156-IKR.
Sénéglior Cal’Chejh. “
Chap. 1er: Génèse de l’Entre-Deux Monde
De mémoire de Sophian, on n’a jamais trouvé de document concernant la planète Terre ultérieur à leur année 1807 ap.J.-C., ni aucun écrit sur Messalia après 4156-IKR. Les recherches des Historiens l’ont confirmé: de telles archives sont inexistantes dans les répertoires de notre monde. Une de leurs hypothèses, celle qui me paraît la plus probable, est que ces deux documents ont été écrits à 79 427 unités astronomiques l’un de l’autre, à peu de temps d’intervalle. Plus précisément, les deux dates qui y sont mentionnées sur deux échelles temporelles différentes ne seraient qu’un seul et même événement. Il ne me reste donc plus qu’une seule réponse à trouver: Que s’est-il passé à cet instant précis?
Après plus de deux siècles de ma trop courte vie passés à chercher ces documents, l’apprentissage de treize dialectes pour les obtenir et les déchiffrer, et des calculs à partir de toutes mes hypothèses, je n’ai toujours pas de réponses. Heureusement, l’impatience me gagne plus que l’âge ne me fatigue. Savant je suis devenu pour trouver la solution, et le problème ne s’en est pas trouvé résolu... alors mage je vais devenir, pour comprendre le rituel au Mont Palygorn.
[…]
Ce fût l’œuvre d’un autre siècle et demi, mais j’ai compris le rituel. Pas encore l’Origine comprise et la Création établie, mais un pas de plus, en secret, loin de tout ces curieux historiens qui s’enorgueillissent de leurs piètres avancées. Il leur faudrait dix générations pour comprendre qu’ils font fausse route, et dix autres pour trouver la bonne. Plus pour l’arpenter, et l’Eternité pour me rejoindre. Une seule de ces pauvres âmes a jamais eu une once de génie dans toute l’Histoire : Sénéglior Cal’Chejh. Cela, ils le comprendront bientôt.
Chap. 2nd: L’Aube du Premier Âge
Le plus intuitivement, lorsque le passé et les origines nous échappent, lorsque ses suites de conséquences nous sont inaccessibles, on se tourne vers le présent, et l’on essaye de le comprendre. Pourquoi tout a commencé?
La Guerre des Anciens est le souvenir le plus lointain de la mémoire collective. Quant à ses traces concrètes, il suffit de lever les yeux sur notre monde pour les voir sans même les chercher. Un héritage stérile de dévastation encore tenace, ancré dans la pierre des temples de jadis, déversé avec le sang des aînés dans la terre, et perceptible dans les relents de haine qui plongent les peuples dans cette rancune amère.
Les civilisations les plus nobles ont enfin commencé quelque reconstruction, marchandé un peu de pain pour de la pierre ou du bois, forgé des alliances fragiles. Cette minuscule graine d’espoir pour le futur n’en révèle pourtant pas plus sur les erreurs du passé.
Un âge prit fin pour des raisons inconnues, et un autre commença sur les fondations fragiles de l’incertitude. Un cycle en est né, les réincarnations y sont jouées pour les marionnettes de ce théâtre au décor incertain. Et le temps passe. Si nous ne découvrons pas dans le passé les origines de notre Histoire, il nous rattrapera à l’aune du fardeau de notre ignorance.
Epilogue: De Nos Jours...
Le personnage que vous allez créer et incarner va évoluer dans un monde où deux cultures cohabitent. L’une est fondée sur le respect des équilibres naturels et le progrès n’y est envisagé que par la compréhension de l’harmonie entre les êtres vivants, la Nature, et les énergies magiques. C’est sur le continent de Valthilis que ses principes sont le plus profondément enracinés, là où les races prédominantes sont les elfes et les hommes-animaux, qui côtoient d’autres créatures plus sauvages et tribales comme les orcs. C’est sur ce continent que se situe le berceau des griffons, grands aigles parfois domestiqués comme monture du ciel par les plus braves. A la pointe nord, au-delà d’une forêt dense et inconnue, à l’extrémité d’une côte tourmentée sans cesse par les tempêtes et survolée de dragons souvent hostiles, se cachent les pirates les plus recherchés de la Mer d’Amras.
Plus à l’Est, le continent de Mirphera est peuplé principalement d’humains, bien que les régions du Sud puisse réserver quelques surprises tant leurs territoires sont peu connus. C’est aussi sur ce continent qu’ont eu lieu les batailles les plus terrifiantes de la Guerre des Anciens, dont les cicatrices se voient encore dans la partie Nord et l’Empire de Likeltorn. Les Terres désertiques noires de Darevark pullullent encore de créatures décharnées entre la vie et la mort, landes dévastées et empoisonnée par une aura malfaisante. Après la Victoire, il y a plusieurs générations, les êtres vivants des quatre continents ont construit pour s’en protéger une immense muraille de pierres blanches de plus de vingt mètres de haut, d'une mer à l'autre, sur tout le continent. Les remparts qui surmontent les Murs de la Patridonne sont gardés de leur vie par un ordre de paladins de toutes origines, ayant éprouvé leur foi et leur force à la Patridonne, la grande et unique porte dans la muraille, où se situe le temple des paladins.
C’est l’empire d’Aderahn, au centre du continent, qui a donc développé son économie le plus rapidement. Sur la voie d’un progrès fondé sur le Savoir et les Sciences, ces humains ont usé des bénéfices de leur commerce pour pousser leur connaissance du monde à un point tel qu’ils peuvent modeler la matière physique mieux que quiconque. Les armes à feu sont leur plus belle réussite, et leur complexité leur assure que son peuple est le plus à même de les utiliser. Fort heureusement, leur politique reste pacifique, et ils n’usent principalement que de leur science de la psychologie et de la diplomatie pour protéger leur commerce florissant.
Au large de l’Ile des Dragons, Kanusen est un royaume plus humble, tourné vers la pêche et la culture du riz, et ils vénèrent les dragons qui volent au large de leur archipel au point qu’une île-monastère a été construite et vouée à ce culte au milieu des rochers. Les moines qui y habitent sont pacifistes et accueillants, mais méfiants.
Moakka enfin, est un continent recouvert presque totalement par la glace et entouré d’une mer agitée par le blizzard. Les seules créatures jamais capable d’y avoir construit une ville, aussi loin que remonte la mémoire, sont les Wingies, les Elfes des Glaces.
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